[Monsieur-Robs] CHRONIQUE : Madonna"Rebel Heart"

MADONNA | REBEL HEART 

Peut-on vraiment se revendiquer rédacteur pop et ne pas écrire sur Madonna ? Non. Et quand Madonna décide de sortir son treizième album Rebel Heart, le 6 mars, jour de l’anniversaire de Monsieur Robs, il ne pouvait vraiment pas ne pas lui consacrer un article. Après l’échec critique et commercial de MDNA, que doit-on penser de cette nouvelle production ?


© The Source


Production béton & communication bidon

Tout le monde le sait, travailler avec Madonna est aujourd’hui un véritable honneur et une carte de visite de luxe. La chanteuse sait, depuis bien longtemps, s’entourer des meilleurs pour produire ses disques. Rebel Heart ne déroge pas à la règle puisqu’on retrouve aux commandes les DJ stars Avicii, Diplo ainsi que les chanteurs les plus en vue lorsqu’il s’agit de production : L’humble Kanye West, le joyeux Pharrell Williams et le plus discret Ryan Tedder, membre du groupe OneRepublic. Bref, du beau monde !

Mais Madonna aurait peut-être dû réfléchir à une nouvelle équipe de communication qui n’a pas vu venir les mille et un cafouillages autour du lancement de l’album. Quand une chanson de Katy Perry fuite c’est une semaine avant sa date initiale, mais Madonna a vu avec horreur plusieurs titres (non-définitifs, mais quand même) apparaître sur le web près de quatre mois avant la sortie officielle. L’album, dans sa version deluxe, sera même disponible près de deux mois avant sa sortie sur les plateformes de téléchargements illégales. C’est ce qui obligera l’artiste  à avancer la date de sortie.


Vulgaire célébrité & douce intimité

Depuis le début de sa déjà longue carrière, Madonna impose son statut de la reine de la pop et de la provocation avec conviction et succès. Le problème quand on approche de la soixantaine et que plusieurs concurrentes sont venus s’installer, la crédibilité commence à manquer. Et les titres connotés Iconic, Queen ou les trop vulgaires S.E.X et Bitch I’m Madonna, ou l’on retrouve la reine des “bitches” Nicki Minaj, ne font que renforcer ce besoin de la chanteuse de se présenter comme l’icône hyper-sexualisée qu’elle était. On y croit beaucoup moins, même si on imagine que c’est ce qui justifie le côté rebelle de ce Rebel Heart.

Heureusement, la reine, pourtant bien secrète lorsqu’il s’agit de parler de sa vie privée, se livre presque corps et âme dans cet album. Et c’est là que le Coeur entre en scène. L’album fait une part belle aux chansons personnelles et ce n’est pas pour déplaire. Joan of Arc parle par exemple de sa relation compliquée avec la presse et parmi les réussites de l’opus, on retiendra le très Michaeljacksonnien Wash all over me, le lancinant Messiah, et probablement l’une des plus belles ballades de la chanteuse depuis longtemps, HeartBreakCity, qui raconte sa dernière rupture. 



Sonorités fades & parfaites ballades

L’album propose quatorze chansons dans l’album, dix-neuf dans la version deluxe et vingt-cinq dans une version exclusive méga-giga-madonna deluxe. Il n’était donc pas étonnant que certains de ces titres passent totalement inaperçus dans l’album. C’est notamment le cas de Body Shop, Beautiful scars et du très Britney Inside Out, dont je ne pourrais pas vous chantonner les airs, malgré mon écoute intensive de l’album.

Mais Madonna a compris une chose en produisant cet album, c’est que l’on aime la Madonna de Like a Virgin, Papa Don’t Preach ou encore Ray of Light. L’album regorge de ballades pop dont seule Madonna a le secret. On note par exemple le côté fédérateur de la chanson-titre Rebel Heart qui donne le sourire aux lèvres. Même effet pour les très douces Graffiti Heart et Best night qui s’écoutent très facilement. 

Mauvais choix & tubes de choix

Cet album propose, certes, de belles ballades, mais il est également ponctué de quelques sonorités électroniques sans âme aussi peu convaincantes que son précédent album MDNA. Illuminati, pourtant produite par le grand Kanye West, et malgré un refrain intéressant, manque totalement de musicalité et de structure. Même problème d’ailleurs avec les cris autotunés d’un enfant dans l’insupportable Autotune Baby. 

On avait presque cru que Madonna avait perdu ce don pour l’explosion pop. Mais dans Rebel Heart, en plus des titres cités plus haut d’une efficacité remarquable, on retrouve quelques perles taillées pour les radios, dirons-nous. La chanson Addicted, avec Avicii aux manettes, en est un bel exemple. Mais deux titres retiendront l’attention, et pour preuve, il s’agit des deux premiers singles choisis par l’artiste pour débuter l’exploitation de l’album. L’hymne à l’amour et à la liberté Living For Love qui impose un beat puissant, associé à des sonorités dance et à des “vocals” de choristes gospel est un tube par excellence. Enfin, la balade Ghosttown, un pur bijou Madonna-branded, nous confirme que la chanteuse est encore dans la course au trône de la pop.


& Madonna

Depuis 10 ans, aucune des productions de Madonna ne m’ont enchanté, surtout depuis l’arrivée dans la bataille de la très grande Lady Gaga et de ses comparses (versions LIDL) Katy Perry, Rihanna et compagnie. Mais Rebel Heart vient de faire craquer ma coquille rebelle et montre que, malgré une promotion compliquée et une image toujours plus incompréhensible, la reine de la pop mérite une place sur le trône, ou à minima sur le podium de la pop. Ballades et tubes de haut niveau prennent le pas sur les bizarreries électro-cheap-trash présentes dans l’album. Provocatrice, certes, mais performeuse de talent, les prestations live de la chanteuse (en oubliant les problèmes de cape aux Brit Awards) sont d’une grande qualité et c’est aussi ça, la pop. Ouvrez votre Rebel Heart, et oubliez le reste.

Monsieur-Robs

Rebel Heart, disponible en version simple, deluxe et édition limitée deluxe.
Rebel Heart Tour à Bercy le 9 décembre, complet.
Date supplémentaire le 10 décembre 

Commentaires

  1. Moi Madonna ne m'a jamais déçu depuis ses débuts! Tout ses albums sont bons et différent. Pour moi, elle se renouvelle sans cesse et prend des risques!

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